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Sébastien Davidovici, 33 ans, a su saisir la balle au bond il y a 7 ans : le destin lui propose l’année de son diplôme la création d’un poste de kiné au sein du club de rugby du STADE FRANÇAIS ! Présent tous les jours avec les joueurs au club, il les suit à l’entrainement une journée par semaine et assure tous leurs soins de rééducation. Il voyage avec eux les week-ends et les assiste pour tous les matchs pour son plus grand plaisir ou comment allier le professionnel à l’agréable... Rencontre avec un kiné heureux.

 


Philippe GOETHALS : Vous vous occupez d’une des meilleures équipes européennes de Rugby, y a-t-il une pression plus forte à traiter des joueurs aussi connus et importants que R. Roncero, S. Parisse, P. Papé ou M. Bastareaud ?

Sébastien Davidovici : On me pose souvent la question, mais en fait, non il n’y a pas de pression supplémentaire car les joueurs de l’équipe sont des gens simples et sympathiques ! Ceci étant, je dois reconnaitre qu’à ce niveau de rugby, je me mets une petite pression pour les rendre plus performants mais c’est plus une motivation. Qu’un joueur arrive à reprendre et à récupérer plus tôt c’est très gratifiant pour moi, mais c’est une pression que je me mets tout seul plutôt qu’une pression extérieure.

P. G. : Quelle part tient la kinésithérapie dans leur vie de sportif, dans leur entraînement ?

S. D. : Le pôle Kiné est assez présent car on intervient à différents niveaux : les soins (2 fois par jour si blessés) et en temps normal massage préparatoire à l’effort et séance de récupération après les matchs. Après, tout dépend de chaque joueur, chacun a ses habitudes mais ils sont tous conscients de l’importance du kiné, cela fait partie de leur métier de se soigner pour gagner en performance!

P. G. : Depuis quelques mois, vous avez eu l’occasion de leur faire découvrir un nouveau matériel.

S. D. : En effet, nous avons la chance d’avoir à notre disposition SpineForce, la Machine du dos. Depuis son installation au centre, je m’en sers beaucoup ! Réhabilitation, renforcement musculaire, étirements… Par exemple, Sergio Parisse revient tout juste d’un ligament croisé donc on a beaucoup travaillé le renforcement au niveau de son quadriceps. Mais ce qui est extrêmement intéressant au niveau de cette machine, c’est la mise en situation du joueur, la réintégration du geste sportif, cela permet un travail qui se rapproche vraiment des conditions du match. 2 exemples : Sergio Parisse, pour ses départs au raz de la mêlée ballon en main, c’est très intéressant de travailler avec un sac de plaquage qu’on fixe sur le bras de Spineforce. Ou encore pour un 2ème ligne qui aura le rôle de soutenir son partenaire, on le met en position de « lift » (ascenseur ) sur la machine et il sera plus efficace sur le terrain.

P. G. : De quelle manière préparez-vous les joueurs sur cet appareil ?

S. D. : Pour commencer, on pratique des mouvements classiques sur la machine, on s’échauffe en travaillant les groupes musculaires. On peut choisir les parties du corps qu’on veut travailler c’est le côté pédagogique. Ce qui est intéressant ensuite c’est de proposer aux joueurs des exercices qui se rapprochent de leur pratique. En plus, j’apprécie énormément la notion de feedback de Spineforce : les joueurs ont un vrai rendu de ce qu’ils font, chiffré, quantitatif, ça les motive, ça leur met une marge de progression. Et puis, quand un joueur a passé plusieurs mois en centre de rééducation, ça nous permet de lui proposer une approche différente de la kiné, ça change !

P. G. : Avez-vous mis au point des protocoles spécifiques « rugby » ?

S. D. : Oui j’ai été obligé car comme vous le savez les positions des joueurs de rugby ne sont déjà pas conventionnelles… ! Mes exercices, je les développe avec les joueurs, c’est un échange permanent : par exemple, reproduire l’effort vécu sur le terrain en termes de temps de travail et de temps de repos. Sur Spineforce, on reproduit par ex le temps de mêlée (8 à 10 sec) puis on trouve un temps de repos (remise en place des joueurs 5 à 10 sec).

Malgré la répétition des efforts, les joueurs s’entraînent comme en temps réel. En plus, en fonction de ce qu’on va rechercher, on peut changer l’intensité développée. Par exemple en musculation, si on veut travailler de l’endurance, le travail est moins intense mais plus sur la longueur alors que pour de la force, le temps sera court et très intense. Cette machine est très intéressante sur ce point. En fait, ce ne sont pas des protocoles précis que je mets en place mais plutôt des façons de travailler proches du terrain. Ce qui est génial, c’est qu’il y a un vrai échange kiné-joueur, ils m’expliquent ce qui se passe sur le terrain et on évolue en même temps avec la machine. Par ex, un 3/4 qui joue derrière, pour le « raffut », on peut le mettre en appui soit sur une jambe soit sur deux, le bras tendu vers le bras de la machine en position de raffut pour faire travailler le renforcement du dos.

Autre ex, reproduire un geste défensif comme « gratter le ballon », le joueur doit se mettre en position penchée vers l’adversaire pour récupérer le ballon, cette position peut-être reproduite sur la machine. Sinon, le protocole que je pratique beaucoup avec eux c’est le bouclier fixé aux bras : une vraie révolution ! On place le bouclier de plaquage sur un des bras du Spineforce et on reproduit une situation rencontrée sur le terrain. On travaille la force maximale, c’est très efficace !

P. G. : Quelle différence constatez vous entre le travail sur spineforce et les exercices que vous faisiez avant au sol ?

S. D. : La vraie différence est le côté nouveauté et high-tech de l’appareil. Psychologiquement pour eux, le fait que la machine soit sophistiquée est aussi une dimension valorisante pour les joueurs. Certains ont déjà pas mal d’années de kiné derrière eux, les séances de rééducation classique ils connaissent ! Outre ses atouts sur la récupération, je suis sûr que spineforce va avoir un intérêt préventif, avec ceux qui le souhaitent, on peut s’assurer en amont de leur renforcement musculaire sur une cheville, un dos et prévenir les blessures…

Je prévois un grand potentiel dans ce sens, celui de la prévention.

P. G. : Qui de l’équipe a le plus ‘accroché’ ?

S. D. : Celui qui pratique le plus c’est Sergio Parisse à cause de son retour de ligament croisé, il a passé beaucoup de temps sur Spineforce en période de réhabilitation avec des scores très intéressants avec des 95-97% de résultats positifs !

Pascal Papé et Rodrigo Roncero sont également devenus des adeptes : ils montent sur le plateau spontanément !

Mais pour finir, ce que je retiens, sans hésitation c’est le côté très enrichissant de cet appareil : rien n’est figé et tout évolue sans cesse, cela change du quotidien et des canons de la kinésithérapie qu’on a l’habitude de pratiquer. C’est très épanouissant pour moi.

P. G. : Nous sommes début juin, c’est la fin de saison ?

S. D. : Oui, c’est les vacances ! Sauf pour les joueurs internationaux qui partent en tournée internationale...

Rendez-vous en septembre !


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